L’immobilier locatif reste un excellent moyen de se constituer un patrimoine, à condition de raisonner en rendement net et non en rendement affiché. Les sept erreurs ci-dessous reviennent dans presque tous les dossiers que nous reprenons en gestion : elles se corrigent, mais mieux vaut les éviter dès l’achat.
À retenir
- Le rendement qui compte est net de charges, de taxe foncière, de gestion et d’impôt.
- Les logements classés G ne sont plus louables depuis 2025, les F le seront jusqu’au 1er janvier 2028.
- Les loyers des F et G sont gelés depuis le 24 août 2022.
- En meublé, les amortissements sont réintégrés au calcul de la plus-value depuis la loi de finances 2025.
1. Confondre rendement brut et rendement net
Un bien à 200 000 € loué 800 € affiche 4,8 % brut. Retirez la taxe foncière, les charges non récupérables, l’assurance, la gestion, l’entretien et un mois de vacance : vous êtes souvent autour de 3 %. Puis vient l’impôt. Faites ce calcul avant de signer, pas après : c’est lui qui dit si l’opération tient.
2. Acheter loin de tout ce que l’on connaît
Un rendement élevé affiché dans une ville que vous n’avez jamais visitée cache souvent une demande locative faible. Le bon repère n’est pas le rendement : c’est le délai de relocation. Dans nos secteurs, un appartement bien placé se reloue en quelques jours ; ailleurs, deux mois de vacance annulent une année de surrendement.
3. Ignorer le calendrier énergétique
Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être mis en location ; les F suivront au 1er janvier 2028 et les E au 1er janvier 2034. S’y ajoute le gel des loyers des F et G depuis le 24 août 2022 : ni révision annuelle, ni réévaluation entre deux locataires. Acheter une passoire énergétique sans budget travaux, c’est acheter une vacance programmée.
À l’inverse, depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité du DPE est passé de 2,3 à 1,9 : de nombreux logements chauffés à l’électricité gagnent une classe sans travaux. Demandez un DPE récent avant d’acheter : il peut changer la valeur locative du bien.
4. Choisir son régime fiscal au hasard
En location nue, le micro-foncier s’applique jusqu’à 15 000 € de loyers annuels avec un abattement de 30 % ; au-delà, ou si vos charges dépassent cet abattement, le régime réel est plus favorable. En meublé, le micro-BIC retient 50 % d’abattement jusqu’à 77 700 €, contre 30 % jusqu’à 15 000 € pour un meublé de tourisme non classé.
Point nouveau à intégrer : depuis la loi de finances 2025, les amortissements déduits en meublé sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente. L’avantage fiscal du meublé n’a pas disparu, mais il se paie en partie à la sortie. La loi de finances 2026 a par ailleurs créé un statut du bailleur privé ouvrant un amortissement en location nue, sous conditions de loyers plafonnés et d’engagement de longue durée : à examiner au cas par cas avec votre conseil.
5. Sous-estimer les travaux et la copropriété
Avant d’acheter, lisez les trois derniers procès-verbaux d’assemblée générale, demandez l’état daté des impayés de la copropriété et vérifiez si un plan pluriannuel de travaux est voté. Un ravalement ou une rénovation énergétique globale peut représenter plusieurs années de loyers.
6. Négliger le choix du locataire
Un dossier vérifié, une garantie adaptée — assurance loyers impayés ou caution solide — et un état des lieux minutieux évitent l’essentiel des litiges. Un impayé de six mois efface le gain de plusieurs années ; une procédure d’expulsion dure souvent plus d’un an.
7. Croire que la gestion ne coûte rien si on la fait soi-même
Quittances, révision de loyer, régularisation des charges, entretien, déclaration fiscale, veille réglementaire : la gestion prend du temps et se paie en erreurs quand elle est faite à moitié. Une révision de loyer oubliée pendant trois ans coûte plus cher qu’une année d’honoraires de gestion.
L’Atelier Immobilier gère des biens locatifs pour le compte de propriétaires : découvrir notre gestion locative ou nous poser une question sur votre projet.
Questions fréquentes
Faut-il louer vide ou meublé ?
Le meublé rapporte un loyer supérieur et bénéficie d’un abattement plus large, mais il implique une rotation plus fréquente, du mobilier à renouveler et une fiscalité de sortie alourdie depuis 2025. La location nue convient mieux aux familles et aux détentions longues. Le bon choix dépend du bien, du quartier et de votre horizon.
Quel rendement viser dans l’Ouest parisien ou à Nantes ?
Dans ces marchés, le rendement net se situe souvent entre 2,5 et 4 %. L’intérêt de l’opération y tient autant à la sécurité locative et à la tenue des prix qu’au rendement immédiat.
Que faire d’un logement classé F ou G ?
Trois options : rénover pour sécuriser le loyer, vendre avant l’échéance de 2028, ou faire refaire le DPE si le logement est chauffé à l’électricité, la nouvelle règle de conversion pouvant suffire à changer de classe. Le calcul se fait bien à froid, avec des devis. Si vous choisissez la vente, notre article sur la vente d’un logement loué détaille les deux options et les délais.
Sources
- Loi Climat et résilience : interdictions de location (G en 2025, F en 2028, E en 2034) et gel des loyers des F et G depuis le 24 août 2022.
- Loi de finances 2025 : réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value en location meublée.
- Seuils et abattements du micro-foncier et du micro-BIC applicables aux revenus 2025, déclarés en 2026.
- Nouveau coefficient de conversion de l’électricité dans le DPE au 1er janvier 2026.
Article mis à jour le 12 septembre 2026. Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé.


















